Comment se fait-il que sous un gouvernement de gauche nos footballeurs soient aussi cons ?

J’ai lu dans mon journal gratuit – mais pas sans coût – de ce matin que le Président Hollande ce serait emporté contre les joueurs de l’équipe de France de Football. A travers des fuites savamment distillées, en avance de l’ouvrage que s’apprêtent à publier deux journalistes du journal Le Monde, on apprend qu’il aurait déclaré, au sujet desdits joueurs :

« Ils sont passés de gosses mal éduqués à vedettes richissimes, sans préparation. Ils ne sont pas préparés psychologiquement à savoir ce qu’est le bien, le mal (…) La Fédération, c’est pas tellement des entraînements qu’elle devrait organiser, ce sont des formations. C’est de la musculation de cerveau. »

J’ose espérer qu’il n’y aura que ceux qui auront longtemps cherché, au fil des interview de vestiaires de ces Icônes, un addendum à la Critique de la raison pure de Kant, pour s’offusquer de cette parole enfin présidentielle.

Car la critique fut bien adressée un jour, et pour tous les autres jours, à la raison pure, avec la faible distance qu’on imagine entre le peu regardant et les très regardés. Souvenons-nous du « Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch’tis » déployé en banderole le 29 mars 2008 par des supporters du PSG, lors de la finale de la coupe de la ligue entre le PSG et Lens.

Je me suis dit que si le Président avait raison, comment n’en serait-il pas venu à craindre la question qui devrait lui revenir comme en boomerang : la faute à qui ?

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Le prix de l’amour immodéré pour l’économie d’entreprise privée ? 200 000 € par emploi créé… et par an.

L’entreprise privée est une belle chose.  Ceux qui vouent encore quelque admiration – la tortue en fait partie – pour ce qui reste de ces pionniers, de ces innovateurs, de ces gens entreprenant, doués d’autonomie et jaloux de leur indépendance (relativement à la sphère techno-bureaucratico-étatique), devraient tout de même s’interroger sur le joli paradoxe qui voit aujourd’hui ces dits entrepreneurs se vautrer dans une salle de shoot dédiée aux subsides publics, pour se regonfler la libido… sans résultat.

Le dernier rapport du comité de suivi du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) vient en effet de révéler que les 20 milliards d’euros ristournés annuellement par l’Etat aux entreprises, en déduction de leur impôt sur les bénéfices, ne servent quasiment à rien.

http://www.strategie.gouv.fr/publications/rapport-2016-comite-de-suivi-credit-dimpot-competitivite-lemploi

Au terme de la deuxième année de plein exercice de cette mesure, évaluée par trois centres de recherche en économie aux obédiences discordantes, il n’est observé aucun effet significatif sur l’investissement des entreprises, aucun effet significatif sur leur effort de recherche et développement, aucun effet significatif sur leurs exportations. Le seul effet remarquable semble résider dans le redressement des marges des entreprises.

Quant aux créations d’emploi attendues d’une mesure aussi massive, le centre de recherche le plus optimiste les estimes – dans une fourchette aux dents quelque peu écartées – entre 45 000 et 115 000 en régime stabilisé.

Disons 100 000 emplois… pour arrondir, pour pondérer médiocrement par le résultat nul des laboratoires pessimistes et pour donner toutes ses chances à cette mesure de gauche. Cela met au total le coût d’un emploi créé ou préservé dans la sphère de l’entreprise privée à 200 000 € par an.

Avec la même somme d’argent – votre argent – le gouvernement aurait pu créer quatre fois plus d’emplois publics (dont le coût annuel peut être estimé en moyenne, toutes charges comprises,  à 54 000 €).

http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1564/ip1564.pdf

Avec la même somme d’argent – votre argent – le gouvernement aurait pu créer sept fois plus d’emploi dans les secteurs associatifs et coopératifs, payés 1 500 € nets par mois (calcul faits sur la Texas instrument 1981 de la tortue).

Avec la même somme d’argent – votre argent – le gouvernement aurait pu créer 13,3 millions de m2 de logement neufs mis gratuitement à disposition de familles pauvres (au prix du m2 à la construction de 2012… lequel n’a pas varié depuis, d’après l’indice du prix à la construction).

http://www.logement.gouv.fr/cout-de-la-construction

http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/bsweb/serie.asp?idbank=000008630

Sur la base de 12 m2 nécessaires pour loger chichement une personne pauvre, il y aurait donc de quoi construite des logements pour environ 1 millions de nos concitoyens chaque année. Disons 5 millions en cinq ans.

Je mes suis dit que la seule raison qui aurait pu empêcher le gouvernement d’utiliser votre argent à ces bonnes fins est qu’une aussi bonne action aurait pu révéler aux yeux du monde entier que derrière son air néolibéral convaincant se cachait un gouvernement de gauche.

Des lunettes pour voir le vide de loin

Ce matin en me « rendant » à mon travail  ̶  l’équivoque me plait – j’ai aperçu, à un carrefour fréquenté principalement par des automobilistes, une réclame au format « quatre mètres par trois » faisant la promotion d’une chaîne de radiodiffusion autrefois qualifiée de « périphérique » (à Dieu plaise qu’il en fût ainsi).

L’image représentait une être humaine – j’en fais l’hypothèse – équipé d’un masque optique qui lui barrait la vue autant que le visage, et lui bouchait l’horizon autant que ses doigts de pieds.  Le masque en question était censé figurer   ̶  j’imagine – l’accès à une sorte de réalité augmentée… dont personne n’interrogera la possibilité (en quoi peut bien consister l’augmentation du rien ?). Le sujet semblait regarder en l’air, comme un aveugle fouillant désespérément le n’importe où, dans l’espoir d’y débusquer une once de lumière qui ne lui parviendra jamais… à cause même dudit masque.

Le slogan disait sobrement : « Mieux capter son époque ».

J’ai cherché en vain dans cette réclame l’indice qui signalerait l’intention d’un second degré.

La République reconnaissante

Ainsi la République a-t-elle créé, le 12 juillet 2016, une « médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme » s’adressant à tout français ou tout étranger « tué, blessé ou séquestré lors d’actes terroristes commis en France ou à l’étranger contre les intérêts de la République française ».

J’ai trouvé l’idée super sympa, et même vachement cool, genre presque hyper… hyper.

Je me suis dit que l’on venait d’inventer la première distinction qui ne susciterait aucune course au mérite, ni aux honneurs, pour se la voir décernée. Et que c’est déjà ça.

Les lycéens sont aux 35 heures

La tortue, qui fréquente parfois des « jeunes », a eu vent de ce qu’il n’était pas inhabituel qu’un élève de Lycée ait un emploi du temps avoisinant, voire dépassant, les trente cinq heures de cours par semaine.

J’ai pensé qu’il nous faudrait porter un jour à la tête du Ministère de l’Education Nationale une sorte de bonne élève qui aurait le courage et la légitimité – étant elle-même « passée par là » – de mettre fin à ce scandale.

Et puis, rattrapée par les enseignements de Lénine et du fondateur de la Troisième Internationale,  j’ai cherché, au-delà du sauveur suprême, quelles seraient les forces sociales capables de renverser ce désordre établi. Je n’ai rien vu de bien plus net, pour en faire office, que les défenseurs de la cause animale, opposés au gavage des oies et à l’élevage en clapier, et Messieurs Cahuc et Zylberberg, toujours persuadés à ce jour – un jour sans Lumières – que les 35 heures n’ont jamais crée d’emploi.

En attendant le burkini topless

La tortue, qui n’a guère le choix de son costume de plage et qui est par nature condamnée à rester toute la journée à la maison, même quand elle s’aventure sur le sable fin, s’est peu sentie concernée par la polémique qui a agité la close sphère médiatico-politique cet été. Jusqu’à ce qu’elle découvre cette photo, publiée par un magazine féminin hebdomadaire destiné aux femmes féminines, daté du 26 août 2016, présentant une créature accoutrée de l’objet du scandale.

La tortue, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, bien avant la civilisation de l’image, a pu réaliser à cette occasion que c’était la première fois qu’elle voyait de ses yeux vu… un burkini. La parure lui a semblé plutôt seyante, et même assez sensuelle, vu d’une espèce accoutumée à fantasmer sur le mode : « moins on en voit, plus on imagine ». Elle s’est laisser aller à penser que le fichu en question renvoyait une image moins dégradée des femmes que ces coupes-crottes mal ajustés qu’il aurait valu la peine de présenter en contre-champ sur la serviette d’à côté, et qui mettent en valeur les capitons, la peau d’orange, les vergetures, les varices et les muscles flasques des lectrices dudit magazine.

J’ai failli me ressaisir en me disant que cet accoutrement, aussi sexy fût-il, véhiculait tous les symboles de la soumission de la femme aux ordres religieux, machistes et archaïques, et qu’il représentait un défi à toutes les Républiques… qui n’en sont déjà plus. Et puis j’ai senti comme une sorte de découragement en feuilletant le reste du magazine, dont l’ode à la féminité s’étalait au fil des 123 pages de publicité consacrées – pleine page – à des enseignes de mode et de produits de luxe, dont on connaît le dévouement à la cause des femmes et à leur émancipation. Dans l’ordre d’apparition : Dior, Chanel, Louis Vuitton, Dolce & Gabbana, Gucci, Saint Laurent, Céline, Miu Miu, Valentino, Bottega Veneta, Chloé, Fendi, Kenzo, Ralph Lauren, Pomellato, Givenchy, Clinique, Hermès, Jimmy Choo, Tod’s, Versace, Moncler, Carven, Giorgio Armani, Chanel, Longchamp, Salvatore Ferraganno, Michael Kors, Yves Saint Laurent, Roberto Cavalli, Hugo Boss, Guerlain, Isabel Marant, Diesel, Paul Smith, Paul & Joe, Mauboussin, Max Mara, Zadig&Voltaire, Majestic Filatures, Simona Barbieri, Leonard, Issey Miyake, Sandro, Calvin Klein, Repetto, Gérard Darel, Ofée, Maje, Coach, The Kooples, Bas&sh, Marina Rinaldi, Manoush, Pablo, Liu Jo, Georges Rech, Attilio Giusti Leombruni, Claudie Pierlot, Caroll, Minelli, Naf Naf, Ikks, Reiko, Mes Demoiselles, Berenice, Desigual, Texto, Devernois, Derhy…

J’ai pensé qu’une pétition à l’initiative des lectrices dudit magazine, dénonçant la soumission des femmes aux fantasmes (fantasmés) de la gente masculine et déplorant leur enrôlement dans la secte du big-business – priant Pecus à genoux, aussi écumantes devant leurs vitrines que les escargots qui remontent mon allée – ne pourrait jamais recueillir autant de signatures, et d’aussi prestigieuses.

Le 13 août, mangeons avec les doigts

La tortue, qui s’est vue affublée par le créateur de quatre mains gauches et d’un plastron plus rigide que celui de Louis XVI, s’est forcément sentie concernée par la journée internationale des gauchers, inscrite, parmi 119 autres causes de grande ampleur, au calendrier de l’Organisation des Nations unies… quelque part entre la journée internationale de la bière, la journée internationale du chat, la journée internationale des lions, la journée mondiale de l’aide humanitaire et la journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.

J’ai failli fondre en larme en entendant sur une chaîne de radiodiffusion publique d’information en continue une gauchère se plaindre de ce qu’il lui était pratiquement impossible de manger du poisson au restaurant… les couteaux à poisson étant manifestement forgés à la main des droitiers. Je suis parvenu à contenir mon émotion en me disant qu’à sa place j’aurais tenu là une bonne excuse pour ne pas manger de poisson, ou pour commander des pinces de crabes… avant de m’apitoyer totalement : mais comment font donc les gauchers pour manger des pinces de crabe, sachant ce qu’il en coûte déjà aux droitiers d’en tirer quelques fibres ?

Je n’ai pas osé dire devant les enfants que « des fois, il faut savoir y mettre les doigts », voyant déjà poindre à l’horizon la journée mondiale de l’hygiène des mains (le 5 mai) et la journée internationale de la liberté de la presse (le 3 mai).