L’Europe quitte le Royaume-Uni

J’ai fait la connaissance ce matin, en prenant mon poste, de camarades (avec qui je n’avais jamais parlé des anglais) fort réjouis du Brexit. J’ai partagé avec eux le bonheur de voir s’éloigner de nos côtes l’esprit de commerce qui avait retenu jusqu’ici les élites de ce pays – dont le peuple est autrement admirable et facétieux – d’abandonner ce continent et son peuple aux fers du socialisme.

Je me suis réjouis avec mes camarades que le peuple anglais, cent fois plus raisonnable que ses soi-disant élites, nous soit venu en aide pour faciliter la sortie de l’Europe du Royaume-Uni.

Même si j’aurais préféré que l’Europe commence par sortir du Luxembourg.

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L’Islande pourra-t-elle assurer la réciprocité ?

Il est venu aux oreilles de la tortue, par le « télégraphe quotidien » (un journal publié en anglais dans un pays bientôt situé en dehors de l’Europe), que 10% de la population islandaise a fait le déplacement en France à l’occasion de l’euro 2016 de football.

J’ai pensé que les islandais devaient appartenir à un peuple doux et civilisé, tant cela s’est peu remarqué.

J’ai formulé le voeu qu’ils n’aient jamais à assurer la réciprocité, pour accueillir 6 millions de français sur leur sol – 20 fois plus que leur population – quand viendra leur tour d’organiser cette manifestation. Ce qui serait dans l’ordre des choses… si les pays d’accueil étaient sélectionnés pour leur amour du football (7,5% de la population de l’île fréquente régulièrement les stades de football) plutôt que pour leur aversion dudit sport (1% de la population française fréquente régulièrement les stades de football).

L’ISF ne fait pas le bonheur des pauvres

J’ai appris ce matin en lisant un journal gratuit que le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, avait déclaré « dans une colloque à Paris » : « Aujourd’hui, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pose un problème pour celles et ceux qui voudraient investir et aider. »

J’ai réalisé qu’avant cette révélation la tortue ne connaissant pas son bonheur. Car elle n’avait pas besoin de fortune pour « aider », et pour « investir » n’en avait point suffisamment. Elle s’est donc trouvé heureuse de savoir qu’elle serait bientôt soulagée d’un « problème » qu’elle n’avait pas, fusse au prix d’une érosion de la « solidarité » des plus fortunés.

 

Qui vola bene les bénévoles ?

La tortue, qui sait ce que bénévolat veut dire – elle tond gratuitement la pelouse de sa maîtresse pendant que celle-ci se vernit lascivement les ongles de pied sur son balcon – s’est enquit des raisons qui pouvaient bien conduire ses frangines à se dandiner du fion aux abords des fan-zones de l’euro 2016, déguisées en barbies-ken reloocked by UEFA, et auréolées avant toute épreuve du titre glorieux de « bénévoles ».

Continuer à lire … « Qui vola bene les bénévoles ? »

Les notes en bloc de la Colombe bannie

Dans un journal gratuit que j’ai trouvé ce matin sur la banquette du tramway, j’ai lu quelques commentaires d’un ancien dirigeant du monde – je pèse mes mots – apportant « son éclairage sur l’actualité ».

J’ai trouvé la réclame prometteuse, et me suis laissée emporter par son enthousiasme printanier, commentant la victoire de l’équipe de France contre la Roumanie : « c’est bien le moins que l’on puisse espérer : un moment festif et fédérateur comme seul le sport moderne, et en particulier le football, peut en offrir. »

J’aurais ajouté, pour être tout à fait honnête : à l’exception du catch à quatre !

La tortue, qui n’est pas soupçonneuse, ne s’est pas demandé par qui cette colombe était payée. Même s’il lui vint une petite idée en découvrant au bout de son courage que « ceux qui ont vraiment entre leurs mains le pouvoir de gâcher la fête ne sont autres que les grévistes de la CGT ».

Elle s’est quand même demandé si ledit bloc-noteur patenté avait eu la curiosité de tourner la page 7 de sa chronique, pour s’informer des nouvelles qui paressent dans le journal où il prétend lui-même nous informer, et découvrir, page 8, que « La crainte de nouvelles violences pèse sur l’euro : les hooligans [sont] mis au ban »

La tortue s’est alors demandé comment il se fait que ledit bloc-noteur ne s’est pas demandé à son tour comment il se pourrait que s’il fût dans le pouvoir de la CGT de gâcher la fête, il ne fût pas tout en même temps en son pouvoir de renverser la société du spectacle, et tout en même temps le capitalisme, et avec lui, par pertes et profits, les notes en bloc de la Colombe bientôt bannie ?

Elle s’est dit que la Colombe n’aurait peut-être pas lu avec toute l’attention méritée ces lignes qui auraient pu être écrites par l’un de ses amis :

« L’ordre rituel se rompt et, beaucoup plus rudimentaire, s’installe l’Ordre impérial. La langue y parle avec moins d’ambiguïté, à plus grande distance, et elle nomme les différences, les hiérarchies, les sacrifices, les puissances par la force de la contrainte des vivants, non plus par celle de l’univers invisible. »*

*Jacques Attali, Les trois mondes, Paris : Fayard, 1981.

Coper Nique et Fesse-Bouque

Il paraît que chez les Ch’ti, Facebook s’écrit fesse-bouque (ou fesse-bouch’), ce qui a le mérite d’en conserver la phonétique. Cette traduction vernaculaire serait due au sémillant directeur du Théâtre Le Prato, Gilles Defacque.

Fesse-bouque… Si cette position se pratique assez peu chez les tortues, elle a l’air d’avoir déjà pénétré les écoles (si j’ose dire), dans le sillage des retournements kamasutresques auxquels conduisent les révolutions progressistes quand elles sont conservatrices, lesquelles trouvent invariablement leur salut en cherchant la ligne de taille du progrès dans les lignes de faille de l’érosion.

L’affaire a été correctement entrevue par ce chroniqueur matinal*, puisant à la source d’un quotidien paressant souvent (tous les jours, en logique), puisant lui-même à la source d’un manuel scolaire de classe de 5ème :

http://www.franceculture.fr/emissions/l-humeur-du-matin-par-guillaume-erner/l-humeur-du-matin-par-guillaume-erner-mardi-7-juin

(Là, il faut suivre le lien… sinon ce post restera à jamais incompréhensible)

La tortue, qui fait tout son possible pour remonter le tapi roulant qui entraîne la fuite en avant vers l’arrière, ne voudrait pas être rangée dans le camp des néo-réactionnaires. On peut imaginer, en considérant ses petites pattes, qu’elle se donne de la peine pour cela. Mais cette fois, elle s’incline et like vraiment, coupable de penser avec Victor Hugo : « Le bon sens est bourgeois et n’est pas citoyen ».

J’ai prévenu les enfants que nous allions recevoir du courrier…

* Merci au lecteur fidèle de la tortue qui m’a mis sur cette piste.

171 232 € de l’heure, et alors ?

Ce soir, j’ai appris au journal parlé en image que certains dirigeants de fonds d’investissement pouvaient gagner jusqu’à 1,5 Milliards d’euros par an. Soit 171 232 € de l’heure.

A la vérité, je le savais déjà. Et tout le monde le sait déjà. Et alors ?

Comme se plait à le répéter l’économiste et philosophe Jean-Pierre Dupuy : « nous ne croyons pas ce que nous savons ». L’emploi du « nous », un peu trop généreux, pourrait bien désigner au premier chef les dirigeants politiques et les commentateurs qui les commentent…

Dans le papier qui fera suite à cette annonce scandaleusement scandaleuse, on entendra sûrement, si le hasard fait bien les choses, une déploration larmoyante de la montée des populismes.

Et alors ?