Demande de correctif au magazine Glamour

À la page 54 du magazine Glamour de mai-juin 2016, dans une colonne titrée Glam Stats, s’affichait en caractères accrocheurs le taux de 170%… assorti de ces explications : « [il s’agit du] pourcentage de chances d’obtenir un deuxième rendez-vous avec l’objet de votre convoitise si vous avez croqué avec lui des sushis au premier rencard. »

La statistique était sourcée Singles in America.

La tortue, qui fait confiance à la grande presse, n’a pas jugé bon revenir à la source.

J’ai pensé qu’un taux de chance équivalent à 100% d’obtenir un deuxième rendez-vous eût été déjà pleinement satisfaisant. N’étant pas d’un caractère soupçonneux,  je n’ai pas privilégié en première intention l’hypothèse d’une erreur (s’agissant de ce taux inespéré de 170%). Je me suis d’abord dit qu’une génération de lecteurs habituée à de fortes de doses de toutes choses pourrait l’être aussi aux stimuli des pourcentages. Et je n’ai pas vu d’incohérence à ce qu’un magazine entièrement voué à l’excitation du désir marchand pratique l’emphase, quand il devient plausible qu’à ses lecteurs on ne tardera pas à promettre 115% de réussite au baccalauréat.

La tortue s’est néanmoins convertie à l’hypothèse d’une erreur de la part du rédacteur, lorsque sa nièce – qui n’a pas fait la Toulouse School of Economics, ni l’école des statisticiens de l’Insee, mais poursuit des études littéraires – lui a suggéré cette correction : « il faut peut-être comprendre que partager des sushis au premier rancard augmente de 170%, relativement aux mets plus ordinaires, ta chance d’obtenir un deuxième rendez-vous ».

Pragmatique, la tortue, qui ne demande pas plus d’explications qu’un lecteur de Glamour – lequel a l’air de n’en mériter aucune – a banni de ses menus les sushis… pour voir enfin s’alléger son carnet de rendez-vous. Car elle s’est toujours consolée et défendue de ses honteuses superstitions en se remémorant cette boutade du grand physicien Niels Bohr (1883-1962), qui eût à s’expliquer un jour d’avoir cloué un fer à cheval au-dessus de sa porte : « il paraît que cela porte chance, même à ceux qui n’y croient pas ».

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Une réflexion sur « Demande de correctif au magazine Glamour »

  1. Autre point de vue ( pas GLAMOUR)

    Le Risquophile anonyme (qui cette fois n’en prend pas…de risques), considère quant à lui le « facteur chance » (lourde responsabilité pour le fer à cheval) en la matière, comme beaucoup trop aléatoire.

    Il a fait sienne une maxime beaucoup plus pragmatique et échappant moins à son contrôle, énoncée par une personnalité dont il affectionne particulièrement l’humour décalé et corrosif, qui dit ceci :

     » Vis chaque jour comme s’il était le dernier…un jour çà le sera… » Woody ALLEN.

    Et donc, prends ton destin en main sans t’en remettre à un hypothétique « facteur chance »…

    Cf : Réflexion sur l’hypothèse du « facteur chance » dans la vie : « Whatever works » film de Woody allen (encore lui).

    J'aime

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